Erwan Petrus — portrait noir et blanc
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J'ai dit non à 4 vignerons cette année — voici pourquoi

Travailler avec des vignerons, ce n'est pas dire oui à tout le monde. Cette année j'ai refusé 4 collaborations. Les vrais critères, sans langue de bois.

Av Erwan Petrus · · 2 min lesing
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On me demande souvent comment je choisis les vignerons avec qui je travaille. La réponse facile : “je sélectionne les meilleurs.” La vraie réponse est plus dure : j’en refuse plus que j’en prends.

Cette année, 4 refus. Voici pourquoi.

Cas 1 — Le vigneron “presque parfait”

Vins excellents. Terroir top. Bio depuis 15 ans. Mais à la fin du rendez-vous, il me sort : “Bon, par contre faut commander minimum 1 200 bouteilles par cuvée, sinon ça vaut pas le coup.”

Je travaille en petites séries adaptées à chaque projet de mes clients. Si je dois embarquer 1 200 bouteilles pour pouvoir essayer une cuvée, je perds la souplesse qui fait notre métier.

Refus poli. On reste en contact pour des projets plus volumiques.

Cas 2 — Le vigneron incompréhensible

Vins très techniques, dossier marketing très propre. Mais quand je lui demande de m’expliquer en français normal ce que son vin a de particulier, il me parle 25 minutes de tannins, de carbonique, d’oxygène ménagé, sans me dire pourquoi quelqu’un devrait l’acheter.

Si je ne comprends pas son vin, je ne pourrai pas le vendre clairement à mes clients. Et la lisibilité, c’est mon métier.

Refus. Tu peux faire le meilleur vin du monde — si tu ne sais pas pourquoi, je ne sais pas non plus.

Cas 3 — Le vigneron qui change tout le temps

Premier rendez-vous : assemblage X. Deuxième visite 6 mois plus tard : assemblage Y “parce qu’il a changé d’avis”. Vendange suivante : nouvelle cuve, nouveau style.

J’admire la créativité. Mais mes clients ont besoin de constance. Si je vends à un restaurant la cuvée Z, je veux la même Z l’année suivante. Sinon le restaurateur s’arrache les cheveux.

Refus. Ce vigneron va faire des vins fabuleux pour des cavistes pointus. Pas pour mon modèle.

Cas 4 — Le vigneron qui méprise ses clients

Pendant la dégustation, il me sort : “Tu sais, les gens ne comprennent rien au vin de toute façon.”

J’ai posé mon verre. Refus immédiat.

On ne fait pas du vin pour mépriser ceux qui le boivent. Maison CHAPE défend exactement l’inverse : le vin pour tous, sans mépris, sans hiérarchie.

Mes 3 critères réels

  1. Constance — Je peux te recommander la même cuvée 3 ans de suite
  2. Lisibilité — Tu sais expliquer ton vin en français normal
  3. Respect — Tu aimes vraiment les gens qui vont le boire

Si on rate l’un des trois, on ne travaille pas ensemble. Même si le vin est génial.

Le talent technique ne suffit pas. L’humain non plus, sans le talent. C’est l’intersection des deux qui compte.

C’est ça, mon vrai métier.